SimRacer, guides auto indépendants
Assurance

Malus écologique : barème, véhicules concernés et malus au poids

Le malus écologique taxe les voitures neuves trop émettrices au moment de l'immatriculation. Barème, véhicules concernés et malus au poids, tout est ici.

Mis à jour le 04/06/2026 Par La rédaction SimRacer
Certificat d'immatriculation et calcul du malus écologique d'une voiture neuve

À retenir

  • Le malus écologique est une taxe CO2 payée une seule fois, à la première immatriculation en France.
  • Il fonctionne par tranches : le montant grimpe fortement à mesure que les émissions augmentent.
  • Les véhicules électriques en sont exonérés, et les familles nombreuses bénéficient d'une réduction.
  • Un malus au poids s'ajoute pour les véhicules lourds, cumulable avec le malus CO2 jusqu'à un plafond global.
  • Le barème change au 1er janvier de chaque année : vérifiez toujours celui en vigueur.
Périodicité de la taxe
Une fois
Base de calcul
CO2 (g/km)
Seconde taxe
Malus au poids
Électrique
Exonéré

Le malus écologique, c'est cette taxe parfois salée qui s'ajoute au prix d'une voiture neuve trop émettrice, payée une seule fois au moment de l'immatriculation. Mal anticipée, elle peut transformer une bonne affaire en mauvaise surprise de plusieurs milliers d'euros sur la carte grise. Voici comment elle se calcule, à partir de quel seuil de CO2 elle se déclenche, quels véhicules sont concernés, et le nouveau malus au poids qui vient s'y ajouter, avec un barème indicatif pour situer votre futur achat.

Ce qu'est le malus écologique

Le malus écologique est une taxe perçue par l'État lors de la première immatriculation en France d'une voiture particulière. Son but est de pénaliser les véhicules les plus émetteurs de CO2 pour orienter les acheteurs vers des modèles plus sobres. Elle se paie une fois, au moment d'établir la carte grise, et son montant grimpe par paliers selon les émissions du véhicule mesurées en grammes de dioxyde de carbone par kilomètre.

Cette taxe ne concerne que les voitures neuves, ou récemment importées et immatriculées pour la première fois en France. Elle s'ajoute aux autres taxes de la carte grise, dont la taxe régionale assise sur les chevaux fiscaux. Plus le véhicule émet, plus le malus est élevé, jusqu'à un plafond qui s'est durci d'année en année. C'est l'un des postes à vérifier impérativement avant de commander un modèle puissant ou lourd.

Le mode de mesure des émissions a son importance. Depuis le passage à la norme d'homologation WLTP, plus proche des conditions réelles de conduite, les chiffres de CO2 affichés ont mécaniquement grimpé par rapport à l'ancien cycle. Un même modèle peut donc paraître plus émetteur sur le papier qu'auparavant, et basculer dans une tranche de malus supérieure, sans que sa motorisation ait changé. C'est le chiffre WLTP homologué qui sert de base au calcul, celui qui figure sur le certificat de conformité.

Bon à savoir

Le malus écologique est dû une seule fois, à l'immatriculation initiale en France. Une voiture d'occasion déjà immatriculée dans le pays n'y est plus soumise lors d'un changement de propriétaire. C'est l'un des avantages de l'occasion sur un modèle neuf fortement taxé.

Le barème indicatif du malus CO2

Le malus fonctionne par tranches : à chaque gramme de CO2 au dessus du seuil de déclenchement correspond un montant, croissant et fortement progressif vers le haut du barème. Le seuil et le plafond évoluent chaque année, le mouvement général étant un abaissement du seuil et une hausse du plafond, ce qui élargit le nombre de modèles taxés et alourdit la note des plus émetteurs.

Émissions de CO2 (g/km)Montant indicatif du malus
Sous le seuil de déclenchement0 €
Premiers grammes au dessus du seuilQuelques dizaines d'euros
Tranche intermédiairePlusieurs centaines à quelques milliers d'euros
Tranche hautePlusieurs dizaines de milliers d'euros
Au delà du plafondMontant maximal atteint

Ce tableau reste volontairement indicatif, car le barème exact est fixé chaque année par la loi de finances et change au 1er janvier. Pour un achat précis, vérifiez toujours le barème de l'année en cours et le chiffre d'émissions homologué du modèle visé, qui figure sur la fiche technique et le certificat de conformité. Quelques grammes suffisent parfois à faire basculer le montant de plusieurs centaines d'euros, le choix de la motorisation et des options compte donc beaucoup.

Attention

Le barème change au 1er janvier de chaque année, avec un seuil de déclenchement qui baisse et un plafond qui monte. Un modèle non taxé une année peut le devenir l'année suivante. Vérifiez toujours le barème en vigueur à la date prévue de votre immatriculation, pas celui de l'année passée.

Les véhicules concernés et les exonérations

Le malus CO2 vise les voitures particulières thermiques et hybrides non rechargeables dont les émissions dépassent le seuil. Les véhicules électriques en sont exonérés, puisqu'ils n'émettent pas de CO2 à l'échappement, et les hybrides rechargeables bénéficient souvent d'un traitement plus favorable grâce à leurs émissions homologuées plus basses. À l'opposé du malus, l'achat d'un modèle propre peut ouvrir droit à une aide, détaillée dans notre guide sur le bonus écologique.

Des aménagements existent pour certaines situations. Les familles nombreuses bénéficient d'une réduction du malus calculée selon le nombre d'enfants à charge, qui abaisse les émissions retenues. Les personnes en situation de handicap titulaires d'une carte mobilité inclusion mention invalidité peuvent être exonérées. Ces dispositifs évoluent eux aussi, mieux vaut donc confirmer son éligibilité au moment de l'immatriculation plutôt que de se fier à une règle ancienne.

La réduction pour famille nombreuse mérite un mot, car elle s'obtient sur demande et non automatiquement. Elle s'applique aux foyers comptant au moins trois enfants à charge et fonctionne en retranchant un certain nombre de grammes de CO2 par enfant au chiffre d'émissions du véhicule, ce qui peut faire descendre la voiture sous le seuil de déclenchement ou dans une tranche inférieure. Le bénéfice est souvent versé après coup, sur justificatifs, plutôt que déduit directement sur la carte grise, d'où l'intérêt de se renseigner avant l'achat d'un grand modèle familial.

Le malus au poids, une seconde taxe

Depuis quelques années, un second malus s'ajoute pour les véhicules les plus lourds : le malus au poids, ou taxe sur la masse en ordre de marche. L'idée est de pénaliser les modèles imposants, gros SUV en tête, dont la masse pèse sur la consommation et l'usure des infrastructures. Il se déclenche au delà d'un seuil de masse exprimé en kilogrammes et s'applique au poids dépassant ce seuil, par tranches.

Ce malus au poids se cumule avec le malus CO2, dans la limite d'un plafond global qui regroupe les deux taxes. Les véhicules électriques en sont longtemps restés exonérés, malgré leurs batteries lourdes, même si les règles se resserrent progressivement. Là encore, le barème et le seuil évoluent chaque année, et un modèle qui passe sous le seuil de masse une année peut basculer la suivante.

Concrètement, cette double peine vise surtout une catégorie : les grands SUV thermiques bien équipés. Un modèle de ce type peut émettre suffisamment de CO2 pour déclencher un malus écologique conséquent, tout en dépassant le seuil de masse qui ajoute le malus au poids. Les deux taxes s'additionnent jusqu'au plafond commun, et la note finale sur la carte grise peut alors représenter une part non négligeable du prix d'achat. C'est précisément l'effet recherché par le législateur, orienter la demande vers des véhicules plus légers et plus sobres, mais c'est aussi un piège budgétaire pour l'acheteur mal informé qui découvre le surcoût au moment de régler l'immatriculation. Avant tout achat de véhicule volumineux, additionnez les deux malus possibles pour connaître le vrai surcoût sur la carte grise.

Malus, bonus et coût réel

Ne confondez pas le malus écologique avec le bonus écologique : le premier est une taxe à payer sur les véhicules émetteurs, le second une aide accordée à l'achat d'un véhicule propre, principalement électrique. Les deux dispositifs sont les deux faces d'une même politique, l'un décourageant les gros émetteurs, l'autre encourageant les motorisations sobres. Un même achat ne peut évidemment pas relever des deux à la fois.

Malus écologique

  • Taxe à payer à l'immatriculation
  • Frappe les véhicules émetteurs et lourds
  • Évitable en choisissant un modèle sobre

Bonus écologique

  • Aide versée à l'achat
  • Réservé aux véhicules propres
  • Soumis à conditions et plafonds

Au final, le malus écologique pèse directement sur le budget d'acquisition et mérite d'être intégré dès la comparaison des modèles, au même titre que le prix catalogue. Sur un véhicule fortement émetteur ou lourd, il peut représenter plusieurs milliers d'euros qui changent l'équation. Pensez à l'inclure dans le calcul du coût réel de votre voiture, aux côtés de l'assurance, du carburant et de l'entretien, pour comparer les modèles sur une base honnête plutôt que sur le seul prix affiché.

Questions fréquentes

Non, pas lors d'un changement de propriétaire si le véhicule a déjà été immatriculé en France. Le malus est dû une seule fois, à la première immatriculation. Une occasion déjà immatriculée dans le pays n'y est donc plus soumise, ce qui constitue un atout de l'occasion.

Le malus est une taxe à payer sur les véhicules émetteurs ou lourds, le bonus une aide versée à l'achat d'un véhicule propre, principalement électrique. Ce sont les deux faces d'une même politique, et un même achat ne peut relever que de l'un ou de l'autre.

Oui. Le malus au poids, qui frappe les véhicules dépassant un seuil de masse, se cumule avec le malus CO2, dans la limite d'un plafond global commun aux deux taxes. Sur un gros SUV thermique, l'addition des deux peut atteindre plusieurs milliers d'euros.

Sources

  • Service-Public.fr, malus écologique à l'achat d'un véhicule, https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F10273
  • Code général des impôts, taxes sur l'immatriculation des véhicules, https://www.legifrance.gouv.fr
  • Service-Public.fr, taxe sur la masse en ordre de marche, https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F35631

À lire aussi dans Assurance & budget