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Assurance

Bonus-malus : comment se calcule votre coefficient

Le coefficient bonus-malus décide chaque année si vous payez plus ou moins cher. Voici comment il se calcule, baisse et remonte, avec un simulateur.

Mis à jour le 09/02/2026 Par La rédaction SimRacer
Document d'assurance auto montrant le coefficient bonus-malus

À retenir

  • Le bonus-malus, ou coefficient de réduction-majoration (CRM), multiplie votre prime de référence et démarre à 1,00.
  • Chaque année sans accident responsable, le coefficient est multiplié par 0,95, soit 5 pour cent de bonus.
  • Un accident responsable applique une majoration de 25 pour cent (multiplication par 1,25).
  • Le coefficient ne peut pas descendre sous 0,50, atteint après 13 ans sans sinistre.
  • Le bonus suit le conducteur et se transporte d'un assureur à l'autre grâce au relevé d'information.
Bonus annuel
0,95 (-5 %)
Malus par sinistre
1,25 (+25 %)
Coefficient plancher
0,50
Coefficient plafond
3,50

Le bonus-malus, c'est la ligne de votre contrat qui décide chaque année si vous payez plus ou moins que votre voisin pour la même voiture. Tout le monde en parle, peu de gens savent vraiment comment ce coefficient se calcule, à quelle vitesse il descend et ce qu'un accrochage responsable lui fait réellement. Voici le mécanisme exact, chiffres à l'appui, et un simulateur pour voir où vous serez dans cinq ans.

Ce qu'est vraiment le coefficient de reduction-majoration

Le vrai nom du bonus-malus est le coefficient de réduction-majoration, le CRM. C'est un multiplicateur appliqué à votre cotisation de référence. Au départ, tout conducteur démarre à 1,00. Si vous restez sans accident responsable, ce coefficient baisse : c'est le bonus. À l'inverse, chaque sinistre dont vous êtes responsable le fait grimper : c'est le malus. Le principe est encadré par le code des assurances et s'applique de la même façon chez tous les assureurs.

Concrètement, une prime de référence de 600 euros multipliée par un CRM de 0,80 donne 480 euros. La même prime avec un coefficient de 1,25 grimpe à 750 euros. Le coefficient suit le conducteur principal, pas la voiture. Quand vous changez de véhicule ou d'assureur, vous emportez votre bonus avec vous, ce qui explique l'importance du relevé d'information que l'ancien assureur doit vous fournir.

Bon à savoir

Le CRM est public et standardisé. Aucun assureur ne peut inventer son propre barème de bonus-malus, il applique la règle légale. La concurrence joue donc sur la prime de référence, pas sur le coefficient lui-même.

Comment le bonus descend chaque annee sans sinistre

La mécanique de la baisse est simple et toujours la même : chaque année sans accident responsable, votre coefficient est multiplié par 0,95. Autrement dit, vous gagnez 5 pour cent de réduction par an. Un conducteur qui démarre à 1,00 passe donc à 0,95 après un an, puis 0,90, puis 0,85, et ainsi de suite. La progression n'est pas linéaire en euros car on multiplie à chaque fois, mais l'idée reste la même : la fidélité prudente est récompensée.

Il faut treize années consécutives sans sinistre responsable pour atteindre le plancher. Une fois ce seuil franchi, le coefficient ne peut plus descendre, même après vingt ans de conduite irréprochable. C'est pour cela qu'un bon conducteur de longue date est souvent bloqué au minimum, ce qui ne l'empêche pas de comparer les offres, car la prime de base, elle, continue de varier d'un assureur à l'autre.

Année sans sinistreCoefficient (CRM)Réduction cumulée
Départ1,000 %
Après 1 an0,955 %
Après 3 ans0,8515 %
Après 6 ans0,7327 %
Après 13 ans0,5050 %

Astuce

Un petit sinistre dont le coût de réparation est inférieur au malus qu'il va déclencher peut parfois être réglé de votre poche plutôt que déclaré. Faites le calcul avant de remplir un constat pour un dégât mineur dont vous êtes responsable.

Ce qu'un sinistre responsable fait au coefficient

La hausse obéit à une autre règle, tout aussi mécanique. Un accident pour lequel vous êtes entièrement responsable multiplie votre coefficient par 1,25, soit 25 pour cent de majoration. Si vous êtes partiellement responsable, par exemple à parts égales avec l'autre conducteur, le malus est réduit de moitié : le coefficient est multiplié par 1,125. Plusieurs accidents la même année se cumulent, chacun appliquant son propre facteur.

Un conducteur à 0,80 qui cause un accident responsable repasse donc à 1,00 (0,80 multiplié par 1,25). Il perd d'un coup le bénéfice de plusieurs années de prudence. La bonne nouvelle, c'est que le malus n'est pas éternel : il se résorbe au rythme habituel de 0,95 par an, et surtout, deux années complètes sans aucun sinistre responsable ramènent automatiquement le coefficient à 1,00, quel que soit le malus accumulé.

Les sinistres qui n'entrainent pas de malus

Tous les accidents ne pénalisent pas. Le bris de glace seul, le vol, l'incendie, ou un accident dans lequel vous n'avez aucune responsabilité ne touchent pas votre coefficient. De même, le stationnement avec un tiers identifié responsable vous laisse indemne. Le malus ne frappe que votre part de responsabilité dans un accident de circulation, ce qui rend d'autant plus injuste l'idée répandue selon laquelle « toute déclaration fait monter l'assurance ».

Attention

Le coefficient maximal légal est de 3,50, soit une majoration de 250 pour cent. Au-delà d'un certain nombre de sinistres, un assureur peut résilier le contrat, et retrouver une assurance devient difficile et coûteux, parfois via le bureau central de tarification.

Le plancher a 0,50 et le plafond

Le coefficient ne peut jamais descendre sous 0,50. C'est le bonus maximal, une réduction de moitié sur la prime de référence, atteinte après treize ans sans accident. À l'autre extrémité, le plafond légal est fixé à 3,50. Entre ces deux bornes, votre coefficient navigue selon votre historique. Cette fourchette est la même pour tout le monde, du jeune conducteur au retraité, et c'est elle qui structure tout le système français du bonus-malus.

Une subtilité récompense les très bons profils : un conducteur resté à 0,50 pendant au moins trois ans bénéficie d'une protection. Son premier accident responsable ne le fait pas remonter immédiatement, son coefficient reste à 0,50 pour la première fois. C'est la clause de descente rapide inversée, souvent appelée bonus à vie dans le langage courant, même si l'expression est trompeuse car un second sinistre, lui, applique bien le malus.

Simuler l'evolution de votre bonus-malus

Pour visualiser concrètement où vous mène votre conduite, le plus parlant reste de projeter votre coefficient dans le temps. Indiquez votre coefficient actuel et le nombre d'années sans sinistre que vous prévoyez : le simulateur applique la règle du 0,95 par an, sans jamais passer sous le plancher de 0,50.

Projeter votre coefficient sur plusieurs années
0,77
Coefficient atteint après ces années sans accident (plancher 0,50)

Vous pouvez aussi estimer l'effet inverse. Pour mesurer le coût d'un accrochage, multipliez votre coefficient actuel par 1,25 et comparez la prime obtenue à celle d'aujourd'hui : la différence, c'est le vrai prix d'un sinistre responsable, étalé sur les années qu'il faudra pour le rattraper. Avant de choisir une formule, il peut être utile de revoir si une couverture au tiers ou tous risques correspond encore à la valeur de votre voiture, et de garder un oeil sur le coût réel annuel de votre véhicule, dont l'assurance n'est qu'une partie.

Bonus et changement d'assureur

Quand vous quittez un assureur, il doit vous remettre un relevé d'information dans les quinze jours suivant votre demande. Ce document récapitule votre coefficient, vos sinistres des cinq dernières années et la date de souscription. C'est lui que votre nouvel assureur exige pour reprendre votre bonus. Sans relevé, impossible de prouver votre historique, et le nouvel assureur repart de 1,00 par défaut, ce qui peut vous coûter cher si vous aviez un bon coefficient.

Le bonus-malus est donc un capital qui se construit lentement et se transporte. Le préserver suppose d'éviter les petites déclarations inutiles, de bien conduire, et de toujours réclamer son relevé en cas de changement. Pour la suite, si vous envisagez de partir, sachez que la résiliation de votre assurance auto est aujourd'hui beaucoup plus libre qu'avant, sans perte de votre coefficient acquis.

Une confusion fréquente mérite d'être levée pour finir : changer d'assureur ne remet jamais votre bonus à zéro, contrairement à une idée tenace. Tant que vous fournissez votre relevé d'information, votre coefficient vous suit fidèlement, quelle que soit la compagnie. La concurrence joue donc en votre faveur, puisque vous emportez votre historique tout en allant chercher une prime de référence moins chère. Mettre son contrat en concurrence chaque année, relevé en main, reste l'un des gestes les plus rentables pour un bon conducteur bloqué au plancher.

Questions fréquentes

Il faut treize années consécutives sans accident responsable pour passer de 1,00 à 0,50. À partir de ce seuil, le coefficient ne peut plus descendre, mais la prime de référence, elle, peut continuer d'évoluer d'un assureur à l'autre.

Oui. Deux années complètes sans aucun sinistre responsable ramènent automatiquement votre coefficient à 1,00, quel que soit le malus accumulé. Ensuite, la baisse classique de 0,95 par an reprend son cours.

Non. Le bris de glace seul, le vol, l'incendie et les accidents non responsables n'affectent pas le coefficient. Seule votre part de responsabilité dans un accident de circulation déclenche un malus.

Sources

  • Service-Public.fr, bonus-malus de l'assurance auto, https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2655
  • Code des assurances, annexe sur la clause de réduction-majoration, https://www.legifrance.gouv.fr
  • France Assureurs, fonctionnement du bonus-malus, https://www.franceassureurs.fr

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